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Claire Despagne stagiaire D+ for care : de quoi s'agit-il ?

Récemment, les réseaux sociaux ont tourné en dérision les propos tenus par la fondatrice d'une start-up au sujet des stagiaires, qui seraient trop exigeants.

On le sait, certains codes du monde du travail peuvent être rebutants pour les jeunes. Si travailler est naturellement admis par beaucoup, qui ne comptent pas leurs heures et leurs efforts pour avancer dans leur carrière, les jeunes actifs ne sont pas prêts à tous les sacrifices pour une entreprise qui n'est pas la leur.

Dès lors, les employeurs qui exploitent les stagiaires, payés la moitié du SMIC pour attendre d'eux qu'ils replissent les mêmes tâches qu'un salarié en effectuant des heures supplémentaires sont abondamment dénoncés sur les réseaux sociaux. Dans un podcast sur l'entreprenariat, Claire Despagne, fondatrice d'une start-up proposant des compléments alimentaires, s'est plaint des difficultés de recrutement qu'elle rencontrait.

Pourquoi les propos tenus par Claire Despagne ont-ils fait polémique ?

Interrogée sur les difficultés de recrutement recontrées par les entreprises, Claire Despagne, fondatrice de l'entreprise D+ for care s'est montrée très virulente. Les propos relatifs au marché du travail sont tenus à partir de 25:30.

>>> Podcast Liberté d'entreprendre avec Claire Despagne <<<

« Le recrutement c'est épouvantable en ce moment... C'est très très compliqué, on se demande où sont les stagiaires, on nous force des alternants ! En tout cas moi aujourd'hui, je ne veux pas d'alternant. Je trouve que c'est incensé, on ne trouve que ça. Les stagiaires, il n'y en a plus. Les écoles de commerce, par lesquelles je suis passée, bourrent le crâne à leurs étudiants en disant qu'à sortie d'école de commerce, ils peuvent avoir des premiers salaires bruts annuels à 45 000€, et donc vous avez des étudiants, moi j'interview [NDLR : je fais passer des entretiens d'embauche] des jeunes femmes de 21/22 ans qui disent « Moi, moins de 47 000, je viens pas. ». Le marché est dingue ! C'est dur. Nous ensuite, on a des écoles qui nous disent, je peux le dire face caméra [sic, c'est pourtant un podcast], « si j'apprends que mon stagiaire fait plus de 35 heures par semaine, je ferai arrêter votre stage ». Ouais, bah ça va être dur après pour votre stagiaire de trouver du boulot et d'acheter un appartement. Parce que moi dans le monde dans lequel je vis, si je travaille pas 80 heures par semaines, il y a très peu de chances que j'aie mon appartement, une résidence secondaire, et peut-être une autre après. Donc après, il y a un paradoxe total entre la réalité économique, la violence du marché du travail, la violence du monde dans lequel on vit, ce qu'on raconte à la jeune génération, qui a aussi le droit d'être en colère parce qu'on passe après les années 1980-90 qui étaient royales, où tout le monde devenait propriétaire, si vous étiez pas trop débile (sic) vous aviez une belle start-up, une belle PME, vous faisiez une école de commerce moyenne et vous vous en sortiez... Il y a une sorte de colère dans cette jeune génération, je suis juste avant et je la comprends et la ressent. La génération de mes parents, c'était royal ! »

Le journaliste nuance ensuite : bien que les grandes entreprises, plus enclines à proposer des contrats respectant les 35 heures hebdomadaires légales, des jeunes diplomés se tournent pourtant vers les start-ups.

« Eh bien qu'ils viennent ! On les attend et on les veut ! »

Parmi les offres d'emploi que propose l'entreprise, certains ont remarqué qu'il y en avait une dizaine pour des stagiaires, contre 3 légalement, par rapport à la masse salariale de l'entreprise (qui ne peut avoir plus de 15% de stagiaire parmi ses effectifs). N'oublions pas que les stagiaires ne sont pas censés, légalement, remplir les fonctions d'un employé. Le stagiaire a des droits, bien que ceux-ci soient rarement respectés. Si vous êtes stagiaire et pensez que l'entreprise bafoue vos droits, il faut en parler avec votre établissement, et ne pas hésiter à mettre un terme au stage.

Ces propos ont provoqué une vague de harcèlement à l'encontre de l'entreprise D+ for care sur Google, tournant en dérision les propos vis-à-vis des conditions de travail des stagiaires.

Le marché du travail, par définition, est un marché. Quand le chômage est  élevé et que le rapport de force est en faveur de l'employeur, certains n'ont pas de scrupules à proposer des salaires bas et des conditions pénibles, mettant en concurrence les candidats entre eux. Mais dès lors que le marché va mieux, comme c'est le cas aujourd'hui, le rapport de force s'inverse en faveur des salariés. C'est à eux, dans certaines branches, d'exiger un salaire minimum ou des meilleures conditions. Quel dommage pour les entreprises peu scrupuleuses... (source).